
La Revue Formation

LA FORMATION EN ENTREPRISE…UN GAGE DE SUCCÈS! - Juin 2009
UNE TECHNIQUE
ANCESTRALE
D’AVANT-GARDE
Il arrive que de vieilles façons de faire redeviennent à la mode et offrent des solutions aux problèmes contemporains. C’est le cas des foyers de masse.
Pour situer tout le monde, disons que le foyer de masse est une oeuvre de maçonnerie qui est un imposant réservoir de chaleur. Il comprend deux chambres de combustion dont le but est de brûler une seconde fois tout ce qui a été brûlé une première fois et de réduire ainsi presque à zéro les fumées, les cendres et tout autre résidu de la combustion, afin d’augmenter la chaleur emmagasinée par les pierres ou les briques réfractaires. La chaleur stockée se répand ensuite subtilement dans la maison durant des heures, voire des jours.
On dit qu’une maison de 2000 pieds carrés ne demande que huit cordes de bois pour être chauffée à l’année. C’est donc une technique économique et écolo! Deux bonnes raisons pour attirer l’attention par les temps qui courent.
Il n’y a pas si longtemps, il fallait être un écolo, végétarien engagé (voire enragé) pour vouloir chauffer un bâtiment à l’aide d’un foyer de masse. Aujourd’hui, il en va autrement selon Pierre Gilbert, formateur spécialiste des foyers de masse : « L’intérêt pour cette source énergétique efficace n’est plus marginal, mais demeure peu connu du grand public. Toutefois, la demande est là et augmente constamment au Québec et en Ontario. C’est normal que les briqueteurs- maçons s’y intéressent… »
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Serge Roy, manoeuvre dans le ciment réfractaire, a pris le cours pour savoir ce qui s’en vient et comment réagir.
« C’est certain que LEED va toucher mon champ de compétences et je veux savoir jusqu’à quel point. »
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En 2008, les professeurs en maçonnerie au DEP ont été invités à participer à une journée de formation au Saguenay portant sur les foyers de masse, afin de sonder l’intérêt du milieu. En tout, 18 professeurs ont suivi la formation et en ont redemandé.
Claude Fleurant, compagnon maçon depuis 32 ans, a été invité par son syndicat à suivre la formation sur les foyers de masse. C’est par curiosité qu’il y est allé, travaillant actuellement dans le réfractaire. Ce fut pour lui l’occasion de se découvrir une nouvelle passion : « J’avais déjà entendu parler des foyers de masse. Je croyais alors que c’était l’équivalent de gros foyers de maison. C’est beaucoup plus que cela. C’est plus complexe et plus coûteux que les simples foyers. Mais c’est surtout un mode de chauffage révolutionnaire! Avec une chauffée de bois le matin, tu chauffes une maison de 2000 pieds carrés toute la journée. »
Comme la plupart d’entre nous, M. Fleurant pensait que le chauffage au bois ne pouvait être une solution d’avenir en efficacité énergétique. Le formateur, Pierre Gilbert, l’a convaincu du contraire, faisant valoir qu’il s’agit d’une énergie renouvelable et peu polluante : dans le coeur d’un foyer de masse, la température peut s’élever jusqu’à plus de 1050 degrés Celsius. À cette température, tous les gaz polluants (créosote et autres) sont brulés et presque aucun résidu n’est relâché dans l’air.
L’intérêt de M. Fleurant pour l’environnement lui fait redécouvrir son métier sous un autre angle. Il a tellement apprécié son expérience que si d’autres formations vertes dans son métier se donnaient, il les prendrait, assure-t-il.
Pour le jeune compagnon Hugo Lebrasseur, le cours lui a permis d’apprendre quelque chose de nouveau dans son métier, mais aussi de prendre conscience de l’ampleur de la crise énergétique qui sévit en Europe notamment. « Au Québec, on est en retard sur les techniques alternatives de chauffage, c’est parce que la crise ne nous a pas encore touchés. Tôt ou tard, on va y goûter et tout le monde va vouloir des foyers de masse! »
Il est intéressant de savoir qu’il existe aussi des foyers de masse au gaz et à l’électricité, et que le Fonds a reçu une demande de formation en entreprise sur les foyers de masse au gaz. Rappelons que certaines municipalités interdisent les foyers au bois, comme la ville de Montréal par exemple. Le foyer de masse au gaz constitue donc une alternative au bois. Un dossier à suivre.
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Luc-Emanuel Germain, charpentier-menuisier
« Je suis personnellement engagé dans le développement durable et les bâtiments écologiques. J’ai même construit un foyer de masse chez-moi. Je trouve rassurant de savoir qu’il existe des normes LEED qui permettent de vérifier l’impact énergétique d’une construction. La prochaine étape dans l’industrie, c’est de voir les normes LEED intégrées dans le programme des cours de base de chacun des métiers. »
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